
Au plus bas dans les sondages après un an de pouvoir, le président Nicolas Sarkozy a reconnu jeudi soir avoir commis des "erreurs", mais a tenté de convaincre les Français qu'il restait l'homme de la situation pour réformer le pays.
Dans une interview télévisée de 90 minutes, retransmise en direct à une heure de grande écoute, M. Sarkozy a été interrogé d'emblée sur sa forte chute dans les sondages. "Sans doute on n'a pas assez expliqué, sans doute moi-même j'ai fait des erreurs", a-t-il répondu.
Comme on lui faisait observer que les Français sont "déconcertés", il a estimé avoir "une part de responsabilité".
"J'imaginais bien que je ne passerai pas cinq ans à commenter des sondages excellents", a-t-il toutefois relativisé.
Il a demandé à être jugé à la fin de son quinquennat, assurant avoir été élu pour mener à bien à cet horizon "les changements dont le pays a besoin".
"Je ne peux pas faire tout, tout de suite", a-t-il plaidé.
"On a un contexte international difficile, raison de plus pour accélérer les réformes", a poursuivi M. Sarkozy.
Ces réformes sont d'autant plus urgentes que "la mondialisation a transformé le monde en un village" et que "la place n'est garantie" pour aucun pays.
Il a promis un texte de loi rapide sur l'intéressement des salariés, pour encourager les entreprises à distribuer une partie de leurs bénéfices à leurs salariés. Il a aussi assuré que le Revenu de solidarité activité (RSA), une allocation destinée à favoriser le retour à l'emploi dont le sort était incertain, serait appliqué l'année prochaine.
M. Sarkozy avait été élu président le 6 mai par 53% des voix face à la socialiste Ségolène Royal, succédant ainsi à Jacques Chirac.
Il a promis un texte de loi rapide sur l'intéressement des salariés, pour encourager les entreprises à distribuer une partie de leurs bénéfices à leurs salariés. Il a aussi assuré que le Revenu de solidarité activité (RSA), une allocation destinée à favoriser le retour à l'emploi dont le sort était incertain, serait appliqué l'année prochaine.
M. Sarkozy avait été élu président le 6 mai par 53% des voix face à la socialiste Ségolène Royal, succédant ainsi à Jacques Chirac.
Selon les sondages publiés pour l'anniversaire du premier tour de la présidentielle, le 21 avril, 72% des Français sont mécontents de son action et 79% estiment que la situation du pays ne s'est pas améliorée.
Alors qu'il avait promis d'être le "président du pouvoir d'achat" et de répondre ainsi à la préoccupation numéro un des Français, le chef de l'Etat ne recueille sur ce thème que 15% d'opinions favorables.
Même le Premier ministre François Fillon, dont les relations avec le président apparaissent de plus en plus tendues, avait laissé poindre son malaise avant cette interview en souhaitant que M. Sarkozy lui fournisse une "feuille de route" et "redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites".
Après la sévère défaite de la droite aux élections municipales en mars, le président doit également faire face à la grogne de son camp. Le parti majoritaire UMP (Union pour un mouvement populaire, droite) l'a appelé à davantage de pédagogie et à une "mise en perspective" de son action après un an de mandat.
L'opposition socialiste a parlé quant à elle d'"une année perdue pour la France".
Sur le plan privé, Nicolas Sarkozy affiche en revanche une sérénité retrouvée depuis son remariage début février avec l'ancien top-model italien Carla Bruni et s'impose plus de discrétion après avoir essuyé de nombreuses critiques sur un style de vie trop tapageur.
L'interview de jeudi soir était d'ailleurs censée illustrer un retour à un style plus "présidentiel", dans le décor solennel du palais de l'Elysée.
Il était interrogé par Patrick Poivre d'Arvor et David Pujadas, les présentateurs vedettes des deux principales chaînes de télévision du pays TF1 et France 2, ainsi que par trois autres journalistes dont certains, comme Yves Calvi, sont connus pour leur ténacité face à leurs interlocuteurs.
"AFP"
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire