mardi 23 septembre 2008

La bourrasque financière domine l'assemblée générale de l'ONU


La crise financière américaine a dominé les discours mardi à l'ONU, le président français Nicolas Sarkozy proposant un sommet en novembre et son homologue brésilien, Luiz Inacio "Lula" da Silva, exigeant un profonde réforme des institutions mondiales.


Premier orateur, "Lula" a appelé à "rebâtir" les institutions financières internationales "sur des bases entièrement nouvelles" afin qu'elles puissent prévenir à l'avenir des crises financières.
"Les institutions économiques internationales n'ont aujourd'hui ni l'autorité, ni les instruments dont elles ont besoin pour empêcher l'anarchie de la spéculation", a-t-il dit aux délégués des 192 Etats membres participant au débat annuel de l'Assemblée générale de l'ONU.
"Le caractère mondial de cette crise implique que les solutions adoptées soient également mondiales et prises dans un cadre multilatéral légitime et reconnu, sans impositions", a-t-il estimé.


Son homologue français, Nicolas Sarkozy, a proposé à ses pairs un sommet en novembre pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la crise financière internationale.
"Ma conviction, c'est que le devoir des chefs d'Etat et de gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir" (...) "pour réfléchir ensemble aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 30", a déclaré M. Sarkozy.


Il a appelé de ses voeux "un capitalisme régulé où des pans entiers de l'activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché" et a répété son souhait que des sanctions soient prononcées contre "ceux qui mettent en danger l'argent des épargnants".
M. Sarkozy a ensuite précisé qu'il envisageait que ce sommet se déroule en novembre sur la base du G8 et avec une "possibilité d'ouverture sur les pays émergents".
"Ma proposition, c'est au mois de novembre parce qu'on peut espérer y voir plus clair. Ca n'est pas une réunion à chaud en plein dans la crise, mais en même temps c'est avant la fin de l'année, donc on peut tirer les conséquences", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
En ouvrant le débat, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lui aussi souligné l'urgence "de rétablir l'ordre sur les marchés financiers internationaux" et d'en assainir les principes.
"Nous avons besoin d'une nouvelle conception de la gouvernance et de l'éthique des affaires, avec davantage de compassion et moins de foi aveugle en la +magie+ des marchés," a-t-il dit.
Pour sa part, le président américain George W. Bush a déclaré que les Etats-Unis, son administration et le Congrès allaient approuver un plan massif de sauvetage du secteur financier évalué à 700 milliards de dollars, "avec la rapidité requise".
Dans un discours surtout consacré à la lutte contre le
terrorisme pour sa dernière apparition à la tribune de l'ONU en tant que président, M. Bush a déclaré: "Je peux vous assurer que notre administration et notre Congrès coopèrent (...) Je suis convaincu que nous allons agir avec la rapidité requise".
M. Bush a par ailleurs accusé la Syrie et l'
Iran de soutenir le terrorisme et a adressé de vives critiques à la Russie pour son intervention militaire en Géorgie.
"La Charte des Nations unies place sur un pied d'égalité toutes les nations grandes ou petites. L'invasion de la Géorgie par la Russie était une violation de ces termes", a-t-il dit, en promettant de continuer à soutenir l'intégrité territoriale de l'ancienne république soviétique.
"Les jeunes démocraties autour du monde observent la façon dont nous répondons à ce test," a dit M. Bush, citant la Géorgie, l'Ukraine, le
Liban, l'Afghanistan, le Liberia et l'Irak. "Nous devons nous tenir unis aux côtés du peuple de Géorgie."
Le président américain, qui quitte ses fonctions dans quatre mois, a également exhorté l'ONU à mettre pleinement en oeuvre les sanctions contre la
Corée du Nord et l'Iran pour leurs programmes nucléaires, avertissant: "Nous ne devons pas baisser les bras tant que nos peuples ne seront pas protégés de cette menace contre la civilisation."
"AFP"

Le plus grand glacier du Groenland retrécit inexorablement .


Resté silencieux depuis l'emballement des marchés, Nicolas Sarkozy a proposé mardi à New York la réunion d'un sommet international sur la "plus grave" crise financière depuis les années 30 et plaidé pour un "capitalisme régulé" réprimant les abus.
Reprenant une partie des thèmes qu'il avait déjà rôdés l'an dernier devant le même auditoire, le président français invité devant l'assemblée générale des Nations unies à ses pairs "tirer ensemble les leçons" et "rapidement" les leçons de la tourmente qui s'est emparée des marchés financiers.
"Ma conviction, c'est que le devoir des chefs d'Etat et de gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir avant la fin de l'année pour réfléchir ensemble aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 30", a déclaré M. Sarkozy.
Le président en exercice de l'
Union européenne (UE) a précisé plus tard devant la presse qu'il penchait pour un sommet en novembre "sur la base du G8", avec "possibilité d'ouverture sur les pays émergents" comme la Chine.
Il a souhaité qu'une telle réunion permette d'"utilement dégager des principes et de nouvelles règles" pour le système financier, citant au rang des questions "capitales" à régler celles des agences de notation, des bilans et de la solvabilité des banques, des rémunérations ou des "hedge funds", les fonds spéculatifs à risque.
"Ce qui est important, c'est qu'aucun pays, fut-il le plus puissant du monde, ne peut apporter une réponse efficace à la crise que connaît le monde seul", a justifié le chef de l'Etat français.
A la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy n'a pas proposé de recettes particulières pour, selon son expression favorite, "moraliser le capitalisme financier". Mais il a longuement plaidé pour la reconstruction d'un "capitalisme régulier et régulé où des pans entiers de l'activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché".
Comme il l'avait fait dès lundi soir en recevant un prix de la Fondation Elie Wiesel pour l'humanitaire, le président en exercice de l'Union européenne (UE), s'est à nouveau prononcé mardi en faveur de sanctions à l'encontre de "ceux qui mettent en danger l'argent des épargnants sont sanctionnés".
Devant un parterre de chefs d'entreprise et financiers américains et français, le président avait réclamé que les responsables de ce qu'il a qualifié de "désastre" soient "sanctionnés et rendent des comptes".
Devant la presse, il a raillé mardi ceux qui, en France notamment, ont dénoncé ces propos comme une simple posture.
"Ce qui compte, c'est que chacun assume ses responsabilités. "Cette crise est venue d'une véritable déviation de l'économie de marché, d'un capitalisme qui au lieu d'être tourné vers la production, s'est orienté vers la spéculation", a-t-il répété mardi devant la presse.
"Voilà donc un système bien curieux. Quand ça marche et qu'il faut se partager des bonus gigantesques, on connaît les responsable, pas de problèmes. Voilà donc que ça ne marche plus et alors là on ne connaît pas les responsables?", a-t-il ironisé en pointant du doigt les rémunérations de certains dirigeants d'entreprise.
Discrètement, Nicolas Sarkozy s'est également décerné un bon point en rappelant qu'il avait lui-même, il y a un an presque jour pour jour à la même tribune de l'ONU, plaidé pour un "New Deal économique et écologique", du nom de la politique conduite par le président américain Franklin Roosevelt après le krach boursier de 1929.
Il avait alors souhaité que le capitalisme financier se mette "davantage au service du développement et moins à celui de la spéculation".
"Devant l'inquiétude des gens, qui ont peur pour leur épargne, les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas le droit de subir", a insisté mardi Nicolas Sarkozy, "il y a une solution (...) il est temps maintenant de réagir".
"AFP"