mercredi 21 janvier 2009

Accusé de crimes de guerre, Israël prépare sa défense



Israël prépare sa défense face à des accusations de "crimes de guerre" après son offensive meurtrière dans la bande de Gaza, même si une action juridique a peu de chances d'aboutir.

L'Etat hébreu, qui a promis de mener une enquête sur les bombardements massifs contre des zones habitées dans la bande de Gaza, affirme rassembler des preuves pour démontrer que ses objectifs étaient uniquement militaires.

Preuves
"Israël veut être en mesure de présenter des preuves démontrant que la majorité des immeubles démolis étaient utilisés par les combattants. Beaucoup étaient piégés, utilisés pour tirer des roquettes et entreposer des armes", explique le ministre des Affaires sociales, chargé des relations avec les ONG, Yitzhak Herzog.

Des photos aériennes et des documents filmés par les soldats sur le terrain équipés de caméra vidéo durant les combats, sont en ce moment rassemblés pour renforcer la thèse israélienne selon laquelle les bombardements étaient légalement justifiés.

Victimes
Selon les services d'urgence de Gaza, plus de 1.300 Palestiniens sont morts et plus de 5.000 ont été blessés lors de cette opération de 22 jours qui visait officiellement le Hamas. Au moins 65% des victimes sont des civils et parmi les morts se trouvent plus de 400 enfants et une centaine de femmes.

Des écoles gérées par les Nations unies, le quartier général de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) ont été bombardés tandis qu'un convoi humanitaire a été pris pour cible. L'UNRWA, Amnesty International et des médecins étrangers présents à Gaza ont aussi accusé l'armée israélienne d'utiliser des bombes au phosphore dans des zones habitées, en violation des conventions internationales.

Crimes de guerre

Amnesty a accusé lundi l'Etat hébreu de "crimes de guerre". Pour l'expert de l'ONU sur les droits de l'Homme dans les territoires palestiniens, Richard Falk, la punition collective infligée par Israël à la population s'assimile à "un crime contre l'humanité".

"Pourquoi des civils sont morts? Parce que les camps d'entraînement et toutes les installations du Hamas sont positionnés près d'écoles, de mosquées ou d'habitations", explique la porte-parole de l'armée Avital Leibovitch. "Le Hamas commet des crimes de guerre en mettant des civils en première ligne", a-t-elle ajouté, promettant qu'Israël "répondra" à toutes les accusations.

Poursuites

La Bolivie, la Fédération internationale des droits de l'Homme et un groupe d'avocats ont déjà fait savoir qu'ils voulaient saisir la Cour pénale internationale (CPI), compétente pour les crimes de guerre et contre l'humanité. Mais, selon des experts juridiques, ces poursuites ont peu de chances d'aboutir, l'Etat hébreu n'étant pas signataire du Statut de Rome qui a mis en place la juridiction.

La CPI peut en revanche être saisie par le Conseil de sécurité de l'ONU, où les Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, disposent d'un droit de veto. Selon Jaber Wisha, vice-président du Centre palestinien des droits de l'Homme, la voie légale la plus réaliste est le recours au principe de "justice universelle", qui permet à un Etat de juger des crimes de guerre même s'ils n'affectent pas ses intérêts nationaux.

Une attaque contre des civils ou des organisations humanitaires peut être considérée comme un crime de guerre s'il est prouvé qu'elle était "intentionnelle", souligne Larry Maybee, expert juridique du Comité international de la Croix Rouge (CICR).

Même si la cible est militaire, la justice doit chercher à savoir si "l'auteur de l'attaque a pris les précautions suffisantes pour minimiser le nombre des victimes et des dégâts" civils, et si la "réponse à été proportionnelle à la menace", explique-t-il. La Belgique, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande ont déjà été saisis dans le passé de plaintes contre des responsables israéliens, mais les poursuites ont été abandonnées. (belga/ca)

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